Un hiver à Rome, Elisabetta Rasy

L’auteur

Elisabetta Rasy vit à Rome où elle est née en 1947. Elle est à la fois écrivain, journaliste et critique littéraire. Elle s’est beaucoup intéressée à la littérature féminine et féministe,  se consacrant notamment à de nombreux portraits de femmes écrivains, parmi lesquelles Edith Wharton, Nina Berberova, Ágota Kristóf, ou Elsa Morante.

Elisabetta Rasy a écrit plusieurs romans, dont une dizaine sont traduits en français. Elle a également reçu plusieurs prix littéraires italiens et a été finaliste du célèbre Prix Strega en 1995.

elisabetta rasy

 

Un hiver à Rome

 

Un hiver à Rome

Costanza est une romaine âgée d’une cinquantaine d’années. Mariée à Vincenzo un peu par hasard, simplement parce qu’il l’avait alors demandée en mariage, Costanza se trouve aujourd’hui à un tournant de sa vie. Vincenzo a choisi de prendre sa retraite à la campagne, mais Costanza s’y ennuie, alors elle rentre à Rome, « parce que la vie à la campagne avait pris, à ses yeux, l’allure d’un crissement de craie sur une ardoise ».

Costanza n’aime pas l’hiver. La grisaille et le froid l’empêchent de se lever le matin, tandis que l’ennui l’empêche de rester couchée. Ce matin-là, elle doit se rendre à un mariage qui a lieu dans un mausolée. Certes, c’est un lieu étrange pour un tel événement, mais Costanza éprouve un coup de foudre pour cet endroit, peut-être parce qu’il est dédié à la sainte qui porte son prénom. Ou sans doute aussi parce que, dans ce mausolée, Costanza commence à réfléchir à son passé.

Costanza revient en effet sur quelques épisodes marquants de sa vie. Son mariage, les enfants qu’elle n’a pas eus avec Vincenzo, son travail, d’abord dans un lycée, un poste qu’elle a quitté, car il l’ennuyait également. Puis elle a rencontré Bruno, un photographe allemand plus âgé qu’elle et elle est devenue en quelque sorte son assistante, et également son amie. Bruno la comprend si bien, lui pour qui la distraction de Costanza n’est que le symptôme de la concentration d’une femme plongée dans ses pensées.

Malade depuis quelques mois, Bruno a décidé de léguer à Costanza son ordinateur. Elle le connait bien puisqu’elle l’utilisait pour travailler avec Bruno. Costanza y retrouve donc les « fragments » qu’elle connaissait déjà, de magnifiques photos que Bruno avait prises des statues en morceaux de Rome :

« Des visages de femmes et d’hommes à la face blessée regardaient l’objectif de leurs orbites vides, cependant il n’y avait pas d’horreur dans ces membres épars, ni d’effroi dans leur vision. Ils surgissaient de l’obscurité sou la lumière du photographe, tels les détails d’un corps qui demeurent dans la mémoire, lumineux et animés. C’étaient les statues en morceaux que Bruno avaient aimées, jeune homme : il les avaient montrées dans une lumière claire et douce, ainsi qu’on montre le visage d’une femme non plus jeune, mais tenacement accrochée à la jeunesse ».

Mais l’ordinateur contient une autre surprise, dans laquelle Costanza se jette aussitôt. L’occasion d’une nouvelle rencontre qui lui apportera la sérénité entrevue depuis sa visite au mausolée et son engagement sur le chemin de la réflexion.

Le roman d’Elisabetta Rasy est empreint de pudeur, de retenue et de délicatesse, dans son évocation d’une femme qui s’interroge sur sa vie, ses amours, ses amitiés. L’écriture de l’auteur est pleine de finesse, et révèle avec précision les différentes lumières de l’hiver romain dans lequel se côtoient des sentiments parfois exacerbés et l’ennui profond, au milieu de statues antiques immuables aux couleurs neutre et douces, intemporelles.

Un hiver à Rome, Elisabetta Rasy, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Editions Seuil, Paris, mars 2014, 113 p.

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