Le guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa

L’auteur

 Giuseppe Tomasi, duc de Palma et prince de Lampedusa, est né en Sicile, à Palerme, en 1896. Il se passionne pour la littérature, mais commence à écrire sur le tard. C’est en effet entre 1955 et 1957, année de sa mort, qu’il rédige son seul roman, Le Guépard, aujourd’hui traduit dans toutes les langues. Lampedusa est également l’auteur d’un recueil de nouvelles, Le professeur et la sirène.

Le guépard

 

Il_gattopardoIl gattopardo  a été publié à titre posthume, un an après la mort de son auteur, Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Le manuscrit avait d’abord été refusé par Elio Vittorini, écrivain et directeur littéraire des éditions Einaudi. Un refus qu’il motivait, dans une lettre adressée à Lampedusa, par le fait, entre autres, que le livre, déséquilibré dans sa structure, ne parvienne pas à atteindre son but : être à la fois le récit d’une époque et le récit de la décadence de cette époque.

Pourtant, c’est précisément ce que nous offre Le guépard. Lampedusa nous introduit en effet dans le quotidien d’une grande famille noble sicilienne, celle du prince Don Fabrizio Salina, au moment où Garibaldi débarque en Sicile avec ses troupes puis parvient à rattacher le royaume des Deux-Siciles au royaume d’Italie, après avoir progressé rapidement face à la faible résistance des soldats bourbons.

Le prince Salina lui-même, ne s’oppose pas à ce qui représentera un véritable bouleversement pour l’aristocratie, soutenant même son neveu Tancredi dans ses choix politiques, lui qui rejoint les libéraux de Garibaldi, par opportunisme, ayant compris que l’avenir était dans ce changement. Tancredi explique en effet à son oncle dans une des phrases clé du roman :

« se vogliamo che tutto rimanga com’è, bisogna che tutto cambi » (Si nous voulons que tout continue, il faut que d’abord tout change »).

Puisqu’une nouvelle domination apparaît sur la Sicile qui a déjà subi de nombreux épisodes de colonisations étrangères, Tancredi a choisi d’être acteur de ce changement, afin de garder son pouvoir et ses privilèges :

« se non ci siamo anche noi, quelli te combinano la repubblica » (Si nous n’y sommes pas, nous aussi, ils fabriqueront une république).

Le guépard est donc, de 1860 à 1910, la saga de cette famille noble -dont l’écusson orné d’un guépard donne son nom au livre-, et de sa disparition progressive, avec la perte de son influence et de ses biens, grands domaines agricoles et palais, au profit de la bourgeoisie en pleine ascension, représentée par Don Calogero, personnage intelligent, parvenu, mais sans aucune culture, et par sa fille, la très belle Angelica. Cette dernière est remarquée par Tancredi, au grand désespoir de sa cousine Concetta, la fille du prince Salina, qui espérait épouser le jeune homme. Tancredi choisira la fortune d’Angelica, plutôt que l’amour profond que lui porte sa cousine, parce qu’Angelica représente l’avenir.

Au roman historique, Lampedusa ajoute donc une étude psychologique moderne des personnages, en particulier du Prince Salina, dont il souligne la mélancolie fataliste, face au cours des événements, face à la décadence de toute une classe sociale.

Il gattopardo, qui a reçu le prestigieux prix Strega en 1959, est aujourd’hui devenu un classique de la littérature italienne. Il est, à mon avis, à conseiller à des lecteurs de niveau C1 en italien (avancé) au minimum. Ma préférence va à la lecture du roman original, d’abord, puis de sa traduction française ensuite, afin de saisir toutes les nuances. Je préfère cela nettement à une édition bilingue qui empêche une lecture fluide.

Le roman a été adapté au cinéma par Luchino Visconti, film qui constitue également un chef d’œuvre du cinéma italien, à la distribution prestigieuse : Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale, et qui obtint la Palme d’Or au festival de Cannes de 1963.

Il gattopardo, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Feltrinelli editore, Universale Economica, Milano, juillet 2010, 301 p.

Le guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, traduit de l’italien par Fanette Pézard, Seuil, collection Points, Paris, 1980, 251 p.

Le guépard, dans une nouvelle traduction de Jean-Paul Manganaro, Seuil, Paris, avril 2014.

Le guépard nouvelle traduction

 

Livre lu, en italien, puis en français, dans le cadre du challenge Leggere in italiano, du challenge Il viaggio et du challenge Histoire.

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