La fête du siècle, Niccolo Ammaniti

La fête du siècle

D’entrée de jeu, nous faisons connaissance avec deux personnages issus de milieux aussi éloignés que possible : Mantos, tout d’abord, de son vrai nom Saverio Moneta, leader des « Enragés d’Abaddon », en pleine réunion avec ses disciples au grand complet : Murder, Zombie, et la vestale, destinée à être la vedette de leur premier sacrifice humain, Silvietta. Cela commence fort, très fort ! D’autant que Mantos est bien décidé à tout faire pour reprendre en main la secte dont le nombre de membres a  fondu comme neige au soleil après le départ de plusieurs d’entre eux chez les concurrents, les « Fils de l’Apocalypse ». Mantos cherche donc l’idée susceptible de donner un nouveau départ aux « Enragés d’Abaddon ».

Le second personnage est Fabrizio Ciba, célèbre écrivain bling-bling à l’égo surdimensionné, très à la mode depuis qu’il présente « Crime et chatiment », une émission littéraire sur la Rai tre, la plus intello des chaînes italiennes. Fabrizio Ciba, écrivain très télégénique, « le troisième homme le plus sexy d’Italie selon l’hebdomadaire Yes », est en panne d’écriture depuis trois ans. Heureusement pour lui, mais pour lui seulement, il a d’autres cordes à son arc et se distingue notamment dans le domaine de l’événementiel littéraire. Quand le roman débute, il est justement attendu pour animer une présentation du nouveau roman du dernier prix Nobel de littérature, un indien répondant au nom de Sarwar Sawhney. Ce sera Ciba qui fera toute l’animation, car l’auteur indien, « la vieille baderne, avait été conviée uniquement pour donner une empreinte d’officialité à l’événement » (p 21).

On comprend tout de suite que les destins des deux personnages , Mantos et Ciba, vont se croiser, et même plus, se télescoper.  C’est pendant « La fête du siècle« , véritable apothéose de la décadence, que les deux hommes vont vivre leurs heures les plus sombres. Ciba accepte en effet, un peu à contrecoeur toutefois,  de participer au grand raoût que donne un chef de la mafia dans la Villa Ada, au sein du domaine que lui a vendu la ville de Rome et où il a reconstitué de véritables jeux du cirque pour VIP. C’est l’endroit où il faut absolument être vu ! Le temps d’une fête grandiose, y seront réunis tout ce que l’Italie compte d’acteurs, de top models, de footballeurs, de grands noms de la médecine, et du journalisme, bref, tout ce qui s’ébroue sans vergogne sous les paillettes de ce siècle décadent !

Matos quant à lui, saisit l’occasion pour vivre son moment de gloire, au nom de sa secte satanique, en préparant rien moins que l’enlèvement et l’exécution, pendant la fête même, de Larita, la chanteuse vedette du moment. Mais rien ne va se dérouler comme prévu pour cette bande de bras cassés que sont les Enragés d’Abaddon…

Niccolo Ammaniti nous livre avec ce roman une farce extravagante, excessive au possible, mais très réjouissante au fond -car il vaut mieux en rire en effet-, qui est une critique féroce de l’Italie des années Berlusconi. L’auteur laisse libre cours à son imagination débridée et l’on assiste même à un final qui est un mélange de film-catastrophe à l’américaine, de péplum ringard et de roman à l’eau de rose !  Du Grand-Guignol, de l’outrancier, une satire féroce d’un pays qui, parfois, cela arrive même aux meilleurs,  oublie le bon goût !

La fête du siècle, Niccolo Ammaniti, traduit de l’italien par Myriem Bouzaher, Robert Laffont,  2011, 396 p.

 

Che la festa cominci

 

 

 

 

 

 

 

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9 réflexions sur “La fête du siècle, Niccolo Ammaniti

  1. et hop, encore un sur la liste…. finalement ce type de challenge (le mois italien) cela suggère des auteurs qu’on connaît peu ou pas du tout pour moi du moins) et cela ouvre d’autres pistes de lectures…

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