Caos calmo, de Sandro Veronesi

 

Publié en 2005 en Italie, « Caos Calmo » a remporté  le prestigieux prix Strega et a été ensuite adapté au cinéma par Antonello Grimaldi, avec Nanni Moretti dans le rôle de Pietro.  En France, « Chaos calme » a été couronné en 2008  par le Prix Femina étranger.

 

caos calmo

 

Pietro Paladini est un homme à qui tout sourit : directeur d’une chaîne de télévision privée, il est le papa d’une jolie petite Claudia, il possède une belle résidence secondaire à la mer, une voiture très coûteuse et il va se marier très bientôt, avec Lara, la maman de sa fille, avec qui il vit depuis une dizaine d’années.

Lorsque le roman s’ouvre, Pietro se trouve avec son frère sur la plage et il assiste à une scène peu commune : deux femmes sont en difficulté dans l’eau, mais personne ne bouge. Comme Pietro et son frère s’approchent et interrogent les badauds qui assistent à ce début de noyade, un homme les dissuade de tenter quelque chose, en raison du danger ! Pietro et son frère se jettent à l’eau et chacun d’eux ramène sur la plage, après bien des efforts, une femme exténuée. Leurs proches se jettent sur elles, pour les aider, et personne ne s’occupe plus des deux sauveteurs, un peu dépités tout de même de ne pas être remerciés…

Les deux frères rentrent à la maison, prêts à raconter cette aventure peu reluisante pour les familles des victimes qui n’ont pas levé le petit doigt. Une ambulance stationne devant la maison : bien vite, ils apprennent le drame qui vient de se jouer. Lara, future épouse de Pietro, vient de succomber à une rupture d’anévrisme, juste au moment où Pietro était en train de sauver une inconnue.

Une nouvelle vie commence alors pour Pietro et Claudia. Le père comme la fille n’expriment rien, mais Pietro n’est pas dupe : ils n’ont pas encore réalisé ce qui leur arrive. La crise ne manquera pas d’éclater. Pietro pense que sa fille va s’effondrer, et il veut être là quand elle aura besoin de lui. Quelques jours après les funérailles de Lara, c’est la rentrée des classes et Pietro conduit sa fille à l’école. En la quittant, il veut la rassurer et lui dit qu’il viendra la chercher le soir, et même qu’il l’attendra devant l’école. Toute la journée, ajoute-t-il.

Et c’est ainsi que Pietro passe la journée entière devant l’école, sur un banc, à attendre sa fille. Il recommence le lendemain, puis les jours suivants. De temps en temps, le père et la fille échangent un coup d’œil par les fenêtres de l’école. Pietro est toujours là. Il prévient ses collègues et supérieurs qu’il travaillera depuis sa voiture, devant l’école de sa fille, et personne ne trouve à y redire, même après plusieurs jours. Alors, ce sont les collègues qui se déplacent et viennent consulter Pietro, d’autant qu’une fusion, très importante pour la société, est en train de se réaliser.

Et c’est bien de consultation qu’il s’agit puisque peu à peu, la voiture de Pietro se transforme en cabinet psy. Chacun, collègue, ami, famille, vient parler à Pietro de ses problèmes. Et Pietro est tranquille, comme sa fille. C’est toujours le « chaos calme » pour lui qui doit écouter les  malheurs de tout le monde.

« Caos calmo » est un roman très original à plus d’un titre. Par le sujet bien sûr. Toute la détresse de ce père se transforme en une attention tendre pour sa fille. On en peut donc qu’être séduit par ce personnage qui attend la tempête en s’y préparant longuement. Le premier chapitre, très rapide, qui voit une succession d’évènements bouleversants, est rapidement remplacé par de longs moments de calme et de réflexion. Et puis, il y a les autres personnages et tout leur égoïsme. Certains sont agaçants, d’autres attendrissants. Il y a quelques moments très beaux comme lorsque Pietro partage un repas avec un retraité du quartier de l’école qui a remarqué son manège et lui a préparé un savoureux plat de pâtes.

Au total, « Caos calmo » est un roman fleuve assez prenant où l’on suit un homme moderne qui, suite à un drame personnel,  « redescend sur terre », pour se satisfaire du simple bonheur d’être disponible pour sa fille. Néanmoins, le roman est un peu long et les quatre-cent cinquante pages auraient pu être réduites pour ne garder que l’essentiel. Veronesi aurait alors signé là un grand roman.

Caos calmo, Sandro Veronesi, Bompiani, Milano, 2005, 251p.

 

Livre lu en italien dans le cadre du mois italien d’Eimelle et du Challenge « Leggere in italiano ».

le mois italien

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9 réflexions sur “Caos calmo, de Sandro Veronesi

    • Oui, c’est vrai qu’il est assez inégal. J’ai eu l’impression que l’auteur avait beaucoup de talent, mais qu’il aurait pu travailler davantage son roman. Je n’ai encore rien lu d’autre de lui, je ne sais pas si ce n’est qu’une impression…

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    • Désolée de répondre si tard, ce commentaire n’était pas marqué comme nouveau, bizarre. Oui, j’ai vu la parution en français de « Terres rares », avec le même héros. Je ne sais pas s’il s’agit d’une suite. En tout cas, je lirai ton avis avec interêt! A bientôt.

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