Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante

Storia di chi fugge e di chi resta

 

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Voici le troisième tome de la saga napolitaine d’Elena Ferrante. Mon verdict est simple : toujours aussi passionnant et addictif ! Nous avons fait connaissance avec les deux héroïnes, Elena et Lila dans « L’amica geniale/L’amie prodigieuse », puis suivi leur adolescence et le début de leur vie d’adulte dans « Storia del nuovo cognome/Le nouveau nom ». Ce troisième volume, qui n’a pas encore été publié en français, sortira  en janvier prochain chez Gallimard. On y retrouve Elena et Lila, jeunes adultes, avec leur conjoint respectif et leurs enfants.

 

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Il est difficile d’évoquer la suite de cette saga sans entamer en partie le suspense qui est n’est certes qu’un des aspects du roman, mais que je ne veux néanmoins pas vous dévoiler.  Je resterai donc très évasive. A partir du titre, « Storia di chi fugge e di chi resta/ «Celle qui fuit et celle qui reste », on comprendra vite qu’Elena, qui a quitté son « Rione » napolitain,  n’y reviendra pas. Installée à Milan à la fin du second tome, après ses études effectuées à la prestigieuse Ecole Normale de Pise, Elena continue à vivre dans le nord où elle a publié son premier roman, puis à Florence. Quant à Lila, elle vit toujours à Naples, dans le quartier plus aéré de San Giovanni a Teduccio, avant de retourner vivre dans le Rione.

Si l’on s’éloigne de l’interprétation géographique, on peut aussi comprendre différemment ce titre : malgré l’éloignement, les deux amies restent en contact : selon les périodes de leur vie, elles maintiennent parfois des liens étroits ou se voient de façon beaucoup plus sporadique. Quoi qu’il en soit, Elena et Lila échangent des nouvelles des habitants du Rione, dont on suit l’évolution de loin. Un autre élément reste présent tout au long du roman, tantôt en filigrane, tantôt comme acteur à part entière de l’intrigue : le beau Nino, qu’Elena rencontre à Milan où elle est conviée à une soirée de promotion de son livre, et que l’on retrouvera également à la fin de ce troisième volume.

Les thèmes principaux s’attachent davantage à la situation politique et aux questions sociales que dans les deux premiers volets. Nous suivons ainsi l’évolution de la politique italienne, marquée par les violences répétées des années soixante-dix. Lila travaille désormais dans une charcuterie industrielle où elle effectue un travail très fatigant, voire abrutissant, et elle subit un harcèlement qui était alors le lot de beaucoup de femmes de son milieu. Ses conditions de travail sont très difficiles, et elle n’hésite pas à les dénoncer au risque de perdre un emploi pourtant vital. Elena s’emploie à dénoncer les mêmes abus,  mais par le biais d’articles qu’elle commence à écrire pour le quotidien communiste « L’Unità », tout en continuant à étudier pour en connaître davantage dans ces domaines où elle dispose de peu de connaissances. Comme toujours, c’est par l’étude qu’Elena comble ses lacunes, tandis que Lila multiplie les expériences.

Mais la condition de la femme se trouve également au centre des préoccupations d’Elena parce qu’elle éprouve des difficultés dans la vie quotidienne. Elle découvre la vie de famille et se rend compte qu’il est difficile de continuer à écrire et à publier tout en élevant de jeunes enfants. Elena se trouve aussi confrontée à la difficulté de s’extraire véritablement de son milieu, malgré l’accès à une grande culture. Elena s’interroge, elle perd souvent confiance en elle car elle estime n’avoir pas les mêmes armes que ses proches, et notamment sa belle-famille, dont les membres sont issus d’un milieu cultivé.

Comme dans les deux premiers tomes, Elena se pose bien sûr beaucoup de questions sur son amitié avec Lila. En effet, de temps à autre, Lila continue à faire preuve d’une méchanceté que l’on devine motivée par autre chose que de la simple jalousie. Dans ce domaine, le suspense est intact à l’issue du troisième tome : qui d’Elena ou de Lila est « l’amie prodigieuse » de l’autre ? De quoi attendre le quatrième et dernier tome de la saga d’Elena Ferrante avec toujours davantage d’impatience !

Nouveau coup de coeur !

Storia di chi fugge e di chi resta, L’amica geniale, volume terzo, Elena Ferrante, edizioni E/0, Roma, 2013, 382p.

Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante, traduit de l’italien par Elsa Damien, collection Du monde entier, Gallimard, Paris, à paraître en janvier 2017.

 

Livre lu dans le cadre du mois italien chez Eimelle et du challenge Leggere in italiano.

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