Una barca nel bosco, Paola Mastrocola

L’auteure

 

Paola Mastrocola est née en 1956 à Turin où elle a fait des études de lettres. Après avoir enseigné pendant quelques années à l’Université d’Uppsala en Suède, elle rentre à Turin où elle est professeur dans un lycée. Elle écrit des essais et des romans pour la jeunesse, puis publie son premier roman en 2000. C’est le succès d' »Una barca nel bosco » (Prix Campiello 2004) qui lui permet de quitter l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’écriture.

 

Una barca nel bosco

 

una-barca-nel-bosco

 

Gaspare Torrente  arrive d’une petite île du sud de l’Italie et s’installe avec sa mère chez sa tante Elsa à Turin, afin de poursuivre sa scolarité dans un bon lycée. Fils de pêcheur, Gaspare a des dispositions pour l’étude, et plus particulièrement pour le latin. A treize ans, Il lit et traduit le poète latin Horace, pour le plaisir. C’est son professeur de français sur l’île, Madame Pilou, qui a repéré cet adolescent un peu différent des autres et a conseillé à ses parents de l’envoyer étudier sur le continent.

Le jour de la rentrée se déroule assez mal pour Gaspare. Lui qui était arrivé en avance au lycée, impatient de commencer à étudier, ne fera que regarder ses chaussures toute la journée. Parce qu’il ne porte pas les mêmes que les autres, parce que tout le monde regarde ses pieds en souriant. Passé les premières vexations dues au fait qu’il ne suit pas la mode, Gaspare est frustré parce que les cours ne démarrent pas vraiment. Les professeurs semblent reculer toujours davantage le moment d’entamer vraiment la matière : présentations à rallonge, fête pour la rentrée, brainstorming sur les attentes des élèves, tout est prétexte à ne pas étudier.

Quand les choses sérieuses commencent vraiment, Gaspare s’aperçoit que le niveau n’est pas du tout celui qu’il attendait. Il en sait bien davantage que tous ses camarades et il vit une grande déconvenue lorsqu’il comprend qu’il n’est pas question pour le professeur de latin de leur donner des versions à faire, et qu’au contraire, chaque année, il va recommencer à étudier les mêmes choses, auxquelles on aura seulement ajouté quelques éléments nouveaux.

A cela s’ajoute son incapacité à « socialiser », comme le soulignent de  nombreux professeurs qui insistent sur cette compétence, bien plus que sur l’acquisition de connaissances. Très vite, Gaspard s’adapte en trouvant des stratégies pour faire baisser ses notes de latin et pour se donner une contenance pendant les intercours, moments où il est très seul. Il essaie également d’améliorer sa tenue vestimentaire, en achetant l’un ou l’autre accessoire à la mode, afin de ressembler aux autres.

La mère de Gaspare se rend peu à peu compte que quelque chose ne marche pas, même si son fils essaie de la préserver d’une trop grande déception. Il faut dire que les parents font beaucoup de sacrifices pour permettre à leur fils d’étudier dans ce lycée : ils vivent séparés, à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, et ne peuvent se retrouver que pour Noël et les grandes vacances. Quand elle comprend enfin, la mère décide de mentir à son mari, resté sur l’île, en lui faisant croire que Gaspare progresse beaucoup et qu’il a sûrement un bel avenir devant lui…

Je viens de découvrir ce roman d’initiation qui a été publié en 2004 en Italie par un professeur de lettres qui enseignait dans un lycée similaire à celui qui est décrit dans le roman. Paola Mastrocola  dénonce bien sûr l’abaissement du niveau, du fait des nouveaux programmes mais aussi à cause de l’influence de certains professeurs qui ne veulent rien exiger de leurs élèves, sinon qu’ils passent du temps à socialiser et ne se démarquent surtout pas des autres. L’auteure pointe également du doigt l’influence de la mode et  des nouvelles technologies (on est en pleine gloire de la « Playstation » à l’époque) sur l’école. Tout cela me rappelle quelque chose…

Paola Mastrocola réussit un très beau roman, grâce à son narrateur  Gaspare, un jeune homme très sensible et un peu naïf, qui vit dans un autre monde et a des aspirations différentes de celles des autres jeunes de son âge. Idéaliste, Gaspare se sent trahi par un système qui n’est pas capable de l’amener à développer ses capacités et ses connaissances. L’université malheureusement, ne sera pas non plus à la hauteur de ses attentes. Il ne peut que se conformer à ce que l’on attend de lui, freiner sa soif de connaissances, et se cacher pour traduire ses chers auteurs latins.

« Una barca nel bosco »  (une barque dans la forêt) a reçu le prestigieux Prix Campiello en 2004, mais  il semble qu’il ne fasse malheureusement pas partie des quelques ouvrages de l’auteure qui ont été traduits en français. Cependant, si vous lisez l’italien, je vous le recommande tout particulièrement, d’autant que l’écriture fluide est facile à lire. « Una barca nel bosco » m’a été conseillé par un libraire italien qui avait tout à fait compris que je cherchais des romans à la fois faciles à lire et de très bon niveau, avec des thématiques riches.

Una barca nel bosco, Paola Mastrocola, Le Fenici, 2007, 257 p.

 

 Livre lu dans le cadre du mois italien chez Eimelle, et du challenge Leggere in italiano ici.

le mois italienlogo-challenge-in-italia1

Publicités

Une réflexion sur “Una barca nel bosco, Paola Mastrocola

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s