La méthode du crocodile, Il metodo del coccodrillo, Maurizio de Giovanni.

L’auteur

Maurizio de Giovanni est un auteur napolitain né en 1958. Après une série de romans policiers mettant en scène le commissaire Ricciardi à Naples dans les années 30, l’auteur décide de se consacrer à une nouvelle série sur les enquêtes de l’inspecteur Lojacono pour laquelle il reçoit le prix Giorgio Scerbanenco en 2012.  Après « La Méthode du crocodile », ont été traduits en français « La Collectionneuse de boules à neige » et « Et l’obscurité fut ».

La série italienne comporte ensuite :

Gelo per i Bastardi di Pizzofalcone (2014)

Cuccioli per i bastardi di Pizzofalcone (2015)

Pane per i bastardi di Pizzofalcone (2016)

Vita quotidiana dei Bastardi di Pizzofalcone (2017)

La série vient d’être adaptée pour la télévision et la première saison a été diffusée sur la RAI en janvier 2017.

 

 

La méthode du crocodile, Maurizio de Giovanni

Premier d’une série qui remporte un grand succès en Italie, « La méthode du crocodile » se déroule à Naples, où l’inspecteur Giuseppe Lojacono vient d’être transféré depuis sa Sicile natale. Son nom ayant été cité par un mafieux lors d’une enquête, la hiérarchie de l’inspecteur doute de son intégrité et préfère l’envoyer au loin, précaution ou punition, la frontière est bien mince…

En tout cas, le mal est fait, notamment en ce qui concerne la vie privée de l’inspecteur, puisque sa femme lui a retiré sa confiance, en choisissant de céder aux désignations honteuses de ses connaissances, plutôt que de soutenir son mari dans cette épreuve. Et surtout en le privant de sa fille adolescente, Manuela, dont Lojacono souffre beaucoup d’être séparé.

L’inspecteur Lojacono s’ennuie donc ferme à Pizzofalcone, siège de la police judiciaire napolitaine où il se retrouve cantonné dans des tâches ingrates. Sa présence sur les lieux d’un crime, parce qu’il était de garde ce jour-là, et sa perspicacité envers quelques détails, lui valent d’être remarqué par Piras, la jeune magistrate en charge du dossier.

Il est vrai que le temps presse. Un jeune homme vient d’être tué alors qu’il rentrait chez lui, et bientôt, c’est le tour d’une fille de quatorze ans. Un troisième meurtre sera bientôt découvert et les journalistes commencent à douter de l’efficacité de la police. Un tueur en série est-il à l’œuvre à Naples ? D’autres jeunes en seront-ils victimes ? Les indices sont maigres : des mouchoirs en papier imbibés de larmes sont retrouvés sur les scènes de crime, le modus operandi est à peu près identique à chaque fois, mais l’on n’en sait guère plus.

Pourtant, nous suivons le tueur pas à pas puisque nous assistons à son arrivée à Naples, à ses préparatifs et aux meurtres eux-mêmes. Le mystère reste toutefois entier quant à son identité, jusqu’à la fin de ce roman aux courts chapitres qui se succèdent en multipliant habilement les points de vue.

Extrêmement bien construit, « la méthode du crocodile » nous égare parfois volontairement pour mieux nous tenir en haleine jusqu’au bout. Les personnages sont intéressants, l’inspecteur Lojacono lui-même, qui sort peu à peu de la torpeur dans laquelle sa sanction l’avait plongé pour reprendre goût à la vie, tout comme les deux principaux personnages féminins, Letizia et la juge Piras, dont on devine qu’elles joueront un rôle important dans la suite de la série.

Au total, un polar implacable, à l’écriture nerveuse et précise, soucieux de la psychologie des personnages, dont je vais très vite commander le second tome, publié en français sous le titre « La collectionneuse de boules de neige ».

Il metodo del cocodrillo, Maurizio de Giovanni, Einaudi, Stile libero Big, Torino, 2016, 293p.

La méthode du crocodile, Maurizio de Giovanni, traduit de l’italien par J-L Defromont, Editions 10/18, juin 2014, 312 p.

 

Livre lu en VO dans le cadre de la semaine italienne de Martine, du challenge Leggere in italiano et du challenge Polars et thrillers chez Sharon.

Publicités

4 réflexions sur “La méthode du crocodile, Il metodo del coccodrillo, Maurizio de Giovanni.

  1. Sans te concerter, j’ai failli aussi présenter Maurizio de Giovanni avec la nouvelle « Un telegramma da Settembre » (paru dans la collection Corti chez Sellerio) et j’ai privilégié l’humour.
    Je note cette série et je vais la chercher aussi en VO. J’apprécie de plus en plus de lire les auteurs italiens « dans leur texte »! Merci pour cette heureuse découverte, Florence!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s