La galerie des Carrache, histoire et restauration, aux éditions Faton

 

Galerie des Carrache

 

 

Joyau de la renaissance à Rome, le palais Farnese est aussi le siège de l’Ambassade de France depuis 1874. Clou de la visite, la célèbre galerie des Carrache, qui est à nouveau ouverte au public après dix-huit mois de restauration. Il s’agit là de la toute première restauration complète de ce chef-d’oeuvre de la peinture à Rome : un plafond somptueux qui n’a rien à envier à celui de la Chapelle Sixtine !

Une peu d’histoire d’abord : la galerie des Carrache, ou plus exactement des Carracci, du nom de deux frères, a été réalisée entre 1597 et 1608 par le peintre originaire de Bologne Annibale Carracci, aidé de son frère Agostino et de ses élèves. Il s’agissait d’une commande passée par le riche cardinal Odorado Farnese, petit-neveu du Cardinal Alessandro, lui-même petit-fils du pape Paul III Farnese qui fit bâtir ce magnifique palais. Odorado Farnese demanda aux frères Caracci de peindre les amours des dieux grecs et de fait, l’ensemble est une véritable célébration de l’amour, d’un paganisme assez audacieux. L’œuvre fait état d’une grande liberté et d’une grande originalité qui a séduit beaucoup d’artistes italiens, et français ayant réalisé, comme Stendhal, le « voyage de Rome ».

 

voute restaurée carrache

La voûte restaurée

 

Le très beau livre des éditions Faton consacre une première partie à l’histoire du palais Farnese et de ses décors, puis s’attache à la restauration proprement dite de la galerie, dans une seconde partie qui détaille les différents projets de restauration, les difficultés rencontrées et les techniques utilisées, le tout dans une exigence de respect absolu de ce chef-d’œuvre. Les auteurs sont d’éminents spécialistes, architectes, conservateurs, historiens… Au total, c’est un ensemble de peintures, de sculptures, de stucs et de marbres d’une valeur exceptionnelle qui est à nouveau présentée au public.

 

Triomphe de Bacchus et Ariane

Le triomphe de Bacchus et Ariane, détail.

 

Le livre est enrichi de nombreuses illustrations, -reproductions, photographies, desseins-, dont beaucoup en double-page. Il est complété par une reproduction du plafond de la galerie des Carrache dans son ensemble, et d’un plan nommant les diverses figures mythologiques représentées.

Un magnifique voyage dans l’art et l’histoire, à la découverte d’un patrimoine exceptionnel à ne surtout pas manquer lors d’un séjour à Rome. Je remercie Babelio et les éditions Faton de m’avoir envoyé ce très beau livre !

 

La galerie des Carrache, Histoire et restauration, éditions Faton, Dijon, 2015.

 

 

 

Histoire des lieux de légende, Umberto Eco

Histoire des lieux de légende Umberto Eco

Outre ses nombreuses activités universitaires et ses contributions journalistiques, Umberto Eco est tour à tour romancier et essayiste. Il a publié quelques beaux livres, qui étaient des essais richement illustrés comme son « Histoire de la beauté ».  Cette « Histoire des lieux de légende » est de la même veine. L’érudit sait se faire vulgarisateur, même s’il exige parfois de ses lecteurs un certain niveau de culture.

Comme il le définit dans son introduction, Umberto Eco s’attache ici à explorer des territoires et des lieux légendaires « qui, de nos jours ou par le passé, ont donné naissance à des chimères, à des utopies et à des illusions ». Il peut s’agir de territoires réels ou fictifs, mais ils ont en commun le fait d’être à l’origine de croyances. Comme le résume Eco, « ce livre a pour objet la réalité de ces illusions ».

En quinze chapitres, Eco explore des lieux aussi divers que les Antipodes, les territoires d’Homère et les sept merveilles du monde,  l’Atlantide, les merveilles de l’Orient, l’hyperborée, l’île de Salomon ou encore l’intérieur de la terre… Les territoires de la Bible et le paradis terrestre ne sont pas oubliés, ni les lieux qui ont accueilli les épisodes du Graal, le pays de Cocagne ou les îles de l’Utopie !

 

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Page de gauche : Ecole lombarde, Le jardin d’amour, Biblioteca Estense, Modène. page de droite :  Jacob de Backer, Le jardin d’Eden, Groeningemuseum, Bruges, pp144-145.

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Anonyme, Un igloo, XIXème siècle, Royal Ontario Museum, Toronto, p370.

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Attilio Mussino, Le pays de Cocagne, illistration pour Pinocchio, 1911, p303.

Ce magnifique livre allie des explications claires et relativement fouillées, mais non destinées à des spécialistes, à de très belles illutrations, reproductions de tableaux, cartes anciennes, estampes ou miniatures, ainsi qu’à de nombreux extraits de textes et poèmes dans lesquels sont évoqués ces lieux de légendes. Il se situe ainsi au croisement de différents arts, littérature, peinture, histoire, et fait la part belle à l’imaginaire.

 

Histoire des lieux de légende, Umberto Eco, Flammarion, Paris, 2013, 478 p.