Leggere in italiano, nouveau logo

Pour le challenge « Leggere in italiano », ma fille a eu la gentillesse de me concocter un nouveau logo mixant les couvertures de quelques livres italiens de genres bien différents. Je vous laisse le découvrir et vous invite, si vous désirez vous inscrire, à lire les principes du challenge sur la page qui lui est consacrée. Ce challenge est jumelé avec celui de Martine, « Il viaggio », et avec le challenge vénitien si le thème est en rapport avec Venise.

Buona lettura ed a presto !

 

 

 

Promenade à Portofino

Je reprends ma série des Promenades, profitant du challenge Il viaggio, consacré en févier à la fois au Carnaval de Venise et à la Ligurie, pour vous emmener à Portofino. Connu pour être le rendez-vous de la jet set internationale, Portofino représentait pour moi le Saint-Tropez italien. Avant de l’avoir vu ! Car ce tout petit port niché dans une nature luxuriante n’a rien à voir avec la cité varoise. Certes, il y a quelques belles boutiques, et l’on sait que des vedettes y séjournent, mais la ressemblance s’arrête là.

Dès que l’on s’écarte du centre, la nature a droit de séjour et l’on est étonné par le calme ambiant, malgré la saison touristique. Portofino est entouré d’un parc naturel régional d’une grande richesse : un véritable paradis pour les randonneurs et dont on peut admirer la beauté en arrivant par bateau.

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La présence de quelques yachts nous signalent l’arrivée imminente.

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L’entrée dans le petit port s’accompagne d’une explosion de couleurs.

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Un charme fou !

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La piazzetta, et ses terrasses et restaurants, dominée par des collines à la végétation foisonnante.

 

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Quelques ruelles créant des perspectives colorées.

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Le théâtre « Perla del Tigullio » où se tient un concours lyrique international chaque été.

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Le port minuscule, où se croisent bateaux de touristes, vedettes élégantes et bateaux de pêcheurs.

 

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L’église San Giorgio, construite au XII ème siècle, domine le port d’un côté, la mer de l’autre,

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et de son parvis, nous offre un panorama magnifique sur Portofino.

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En allant vers le Château Brown, au détour d’un chemin,

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un degradé de bleus et de verts…

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… qui a attiré de nombreux écrivains et artistes.

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Il est temps de repartir vers Rapallo, en longeant la côte cette fois, sur l’un des très beaux chemins du parc régional.

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Avec toutes ces couleurs dans les yeux…

Challenge Il viaggio chez Martine 

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Non è stagione, Antonio Manzini

non-e-stagione-antonio-manziniPublié en 2015 en Italie, « Non è stagione » est le troisième roman de la série policière consacrée aux enquêtes du vice-questeur Rocco Schiavone, un policier que j’ai découvert grâce à Martine qui m’a gentiment signalé la diffusion sur la Rai 2 des épisodes consacrés au héros d’Antonio Manzini. C’est donc après avoir vu la première saison de cette série que j’ai ouvert ces « gialli » (romans policiers en italien, du nom de l’ancienne collection à la couverture jaune des éditions Mondadori ), à l’occasion de cette lecture commune en VO. J’ai dévoré « Non è stagione », ainsi que « Era di maggio » dans la foulée, qui sera l’objet de la lecture commune du mois prochain.

Après « La pista nera » -traduit en français sous le titre « Piste noire » en 2015- et « La costola d’Adamo », -« Froid comme la mort », publié chez Denoël en 2016-, nous retrouvons le Val d’Aoste au printemps et pourtant, l’hiver est toujours là, avec la grisaille et la neige que déteste tant le vice-questeur Rocco Schiavone.  Ce policier romain se trouve « exilé » dans cette magnifique région qui n’a pas grâce à ses yeux et qu’il ne perçoit que comme froide et ennuyeuse.

Dans ce troisième roman, Rocco Schiavone se trouve devant une double enquête à mener. Il est d’abord appelé pour un accident de la route : une camionnette a perdu le contrôle et s’est écrasée dans le ravin dans lequel coule la rivière. Elément qui justifie l’intervention du vice-questeur, la plaque du véhicule n’est pas celle d’origine mais elle appartient à une voiture volée. Peu après, Rocco Schiavone est contacté par une jeune fille qui s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie, Chiara Berguet. C’est d’autant plus curieux que le commissariat n’a reçu aucun avis de disparition de la famille de la jeune fille concernée.

Le vice-questeur se met alors à faire des recherches du côté de l’entreprise du père de la jeune disparue, qui semble avoir rencontré de graves difficultés financières. Les Berguet ont sans doute quelque chose à cacher. L’affaire de la camionnette refait surface plus tard, en lien avec la disparition de la jeune Chiara Berguet.

En ce qui concerne le personnage de Rocco Schiavone, cet épisode nous en apprend un peu plus sur son passé, et les raisons pour lesquelles il se retrouve bine malgré lui dans cette région montagneuse du Nord de l’Italie qui ne lui convient guère. Rocco continue à traîner son mal de vivre, s’accrochant au fantôme de Marina… Les dernières pages du roman vont le plonger dans un drame personnel dont on ne sait pas s’il se remettra.

C’est donc une période très noire que vit le vice-questeur et c’est peut-être pour cette raison que l’on s’attache encore davantage au personnage dans cet épisode : sa mauvaise humeur, sa façon de flirter -parfois largement- avec l’illégalité et son sens de la justice bien à lui, son humour aussi, ainsi que les personnages secondaires (l’idylle entre ses deux inspecteurs préférés, Italo et Caterina et la bonne volonté matinée d’incompétence de D’intino et Deruta), sont autant d’éléments qui font des enquêtes de Manzini un must dont je crois bien que nous ne pourrons plus nous passer. Il semble que Martine soit du même avis que moi…(lire ici)

Une grande réussite pour cette lecture en VO, qui en outre, n’est pas très difficile du point de vue de la langue !

Non è stagione, Antonio Manzini, Sellerio Editore, 2015, 328 p.

Livre lu dans le cadre du challenge Il viaggio chez Martine, du challenge Leggere in italiano et du challenge Polars et thrillers chez Sharon.

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La peinture italienne au musée Condé de Chantilly

dsc_0768Entre toutes les merveilles que possède le château de Chantilly et notamment le musée Condé, de nombreuses peintures de la Renaissance italienne méritent plus que largement le détour ! Elles ont été rassemblées au XIXème siècle par le duc d’Aumale, alors propriétaire du domaine.

C’est à l’âge de huit ans, en 1830, qu’Henri d’Orléans, duc d’Aumale, devient le nouveau seigneur du domaine de Chantilly dont il hérite de son parrain, le duc de Bourbon, dernier des Condé. Le duc d’Aumale est français par son père, Louis-Philippe, duc d’Orléans, qui deviendra roi des Français en 1830, et italien par sa mère, Marie-Amélie de Bourbon-Sicile. En 1844, il épouse sa cousine, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile. Historien, bibliophile, et collectionneur d’art, et notamment de peintures, le duc d’Aumale acquiert pendant toute sa vie des œuvres prestigieuses qu’il expose au sein du château de Chantilly.

A sa mort, il lègue le château et ses collections à l’Institut de France, en exigeant notamment que la muséographie qu’il a adoptée continue à être respectée. Parmi les trésors accumulés par le Duc d’Aumale se trouvent de magnifiques tableaux de grands maîtres italiens, dont la collection de son beau-père le Prince de Salerne qu’il a acquise en 1852, que l’on peut donc admirer dans la disposition que le Duc d’Aumale avait choisi. Voici quelques-unes des plus célèbres de ces œuvres :

 

portrait-de-simonetta-vespucci-piero-cosimoPiero di Cosimo, Portrait de Simonetta Vespucci, vers 1490.

madone-de-la-maison-dorleans-raphaelRafaello Sanzio, dit Raphaël, La Madone de la maison d’Orléans, vers 1506-1507.

les-trois-gracesRaffaello Sanzio, dit Raphaël, Les Trois Grâces, vers 1504-1505.

le-mariage-mystique-de-saint-francois-dassiseStefano di Giovanni, dit Sassetta, Le mariage mystique de Saint François d’Assise, 1437-1444.

allegorie-de-lautomne-boticelliSandro Botticelli, L’allégorie de l’automne.

Et aussi Filippo Lippi, Fra Angelico, Ghirlandaio… Pour plus d’infos, je vous conseille de consulter le site du domaine de Chantilly.

 

 

Una barca nel bosco, Paola Mastrocola

L’auteure

 

Paola Mastrocola est née en 1956 à Turin où elle a fait des études de lettres. Après avoir enseigné pendant quelques années à l’Université d’Uppsala en Suède, elle rentre à Turin où elle est professeur dans un lycée. Elle écrit des essais et des romans pour la jeunesse, puis publie son premier roman en 2000. C’est le succès d' »Una barca nel bosco » (Prix Campiello 2004) qui lui permet de quitter l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’écriture.

 

Una barca nel bosco

 

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Gaspare Torrente  arrive d’une petite île du sud de l’Italie et s’installe avec sa mère chez sa tante Elsa à Turin, afin de poursuivre sa scolarité dans un bon lycée. Fils de pêcheur, Gaspare a des dispositions pour l’étude, et plus particulièrement pour le latin. A treize ans, Il lit et traduit le poète latin Horace, pour le plaisir. C’est son professeur de français sur l’île, Madame Pilou, qui a repéré cet adolescent un peu différent des autres et a conseillé à ses parents de l’envoyer étudier sur le continent.

Le jour de la rentrée se déroule assez mal pour Gaspare. Lui qui était arrivé en avance au lycée, impatient de commencer à étudier, ne fera que regarder ses chaussures toute la journée. Parce qu’il ne porte pas les mêmes que les autres, parce que tout le monde regarde ses pieds en souriant. Passé les premières vexations dues au fait qu’il ne suit pas la mode, Gaspare est frustré parce que les cours ne démarrent pas vraiment. Les professeurs semblent reculer toujours davantage le moment d’entamer vraiment la matière : présentations à rallonge, fête pour la rentrée, brainstorming sur les attentes des élèves, tout est prétexte à ne pas étudier.

Quand les choses sérieuses commencent vraiment, Gaspare s’aperçoit que le niveau n’est pas du tout celui qu’il attendait. Il en sait bien davantage que tous ses camarades et il vit une grande déconvenue lorsqu’il comprend qu’il n’est pas question pour le professeur de latin de leur donner des versions à faire, et qu’au contraire, chaque année, il va recommencer à étudier les mêmes choses, auxquelles on aura seulement ajouté quelques éléments nouveaux.

A cela s’ajoute son incapacité à « socialiser », comme le soulignent de  nombreux professeurs qui insistent sur cette compétence, bien plus que sur l’acquisition de connaissances. Très vite, Gaspard s’adapte en trouvant des stratégies pour faire baisser ses notes de latin et pour se donner une contenance pendant les intercours, moments où il est très seul. Il essaie également d’améliorer sa tenue vestimentaire, en achetant l’un ou l’autre accessoire à la mode, afin de ressembler aux autres.

La mère de Gaspare se rend peu à peu compte que quelque chose ne marche pas, même si son fils essaie de la préserver d’une trop grande déception. Il faut dire que les parents font beaucoup de sacrifices pour permettre à leur fils d’étudier dans ce lycée : ils vivent séparés, à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, et ne peuvent se retrouver que pour Noël et les grandes vacances. Quand elle comprend enfin, la mère décide de mentir à son mari, resté sur l’île, en lui faisant croire que Gaspare progresse beaucoup et qu’il a sûrement un bel avenir devant lui…

Je viens de découvrir ce roman d’initiation qui a été publié en 2004 en Italie par un professeur de lettres qui enseignait dans un lycée similaire à celui qui est décrit dans le roman. Paola Mastrocola  dénonce bien sûr l’abaissement du niveau, du fait des nouveaux programmes mais aussi à cause de l’influence de certains professeurs qui ne veulent rien exiger de leurs élèves, sinon qu’ils passent du temps à socialiser et ne se démarquent surtout pas des autres. L’auteure pointe également du doigt l’influence de la mode et  des nouvelles technologies (on est en pleine gloire de la « Playstation » à l’époque) sur l’école. Tout cela me rappelle quelque chose…

Paola Mastrocola réussit un très beau roman, grâce à son narrateur  Gaspare, un jeune homme très sensible et un peu naïf, qui vit dans un autre monde et a des aspirations différentes de celles des autres jeunes de son âge. Idéaliste, Gaspare se sent trahi par un système qui n’est pas capable de l’amener à développer ses capacités et ses connaissances. L’université malheureusement, ne sera pas non plus à la hauteur de ses attentes. Il ne peut que se conformer à ce que l’on attend de lui, freiner sa soif de connaissances, et se cacher pour traduire ses chers auteurs latins.

« Una barca nel bosco »  (une barque dans la forêt) a reçu le prestigieux Prix Campiello en 2004, mais  il semble qu’il ne fasse malheureusement pas partie des quelques ouvrages de l’auteure qui ont été traduits en français. Cependant, si vous lisez l’italien, je vous le recommande tout particulièrement, d’autant que l’écriture fluide est facile à lire. « Una barca nel bosco » m’a été conseillé par un libraire italien qui avait tout à fait compris que je cherchais des romans à la fois faciles à lire et de très bon niveau, avec des thématiques riches.

Una barca nel bosco, Paola Mastrocola, Le Fenici, 2007, 257 p.

 

 Livre lu dans le cadre du mois italien chez Eimelle, et du challenge Leggere in italiano ici.

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Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante

Storia di chi fugge e di chi resta

 

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Voici le troisième tome de la saga napolitaine d’Elena Ferrante. Mon verdict est simple : toujours aussi passionnant et addictif ! Nous avons fait connaissance avec les deux héroïnes, Elena et Lila dans « L’amica geniale/L’amie prodigieuse », puis suivi leur adolescence et le début de leur vie d’adulte dans « Storia del nuovo cognome/Le nouveau nom ». Ce troisième volume, qui n’a pas encore été publié en français, sortira  en janvier prochain chez Gallimard. On y retrouve Elena et Lila, jeunes adultes, avec leur conjoint respectif et leurs enfants.

 

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Il est difficile d’évoquer la suite de cette saga sans entamer en partie le suspense qui est n’est certes qu’un des aspects du roman, mais que je ne veux néanmoins pas vous dévoiler.  Je resterai donc très évasive. A partir du titre, « Storia di chi fugge e di chi resta/ «Celle qui fuit et celle qui reste », on comprendra vite qu’Elena, qui a quitté son « Rione » napolitain,  n’y reviendra pas. Installée à Milan à la fin du second tome, après ses études effectuées à la prestigieuse Ecole Normale de Pise, Elena continue à vivre dans le nord où elle a publié son premier roman, puis à Florence. Quant à Lila, elle vit toujours à Naples, dans le quartier plus aéré de San Giovanni a Teduccio, avant de retourner vivre dans le Rione.

Si l’on s’éloigne de l’interprétation géographique, on peut aussi comprendre différemment ce titre : malgré l’éloignement, les deux amies restent en contact : selon les périodes de leur vie, elles maintiennent parfois des liens étroits ou se voient de façon beaucoup plus sporadique. Quoi qu’il en soit, Elena et Lila échangent des nouvelles des habitants du Rione, dont on suit l’évolution de loin. Un autre élément reste présent tout au long du roman, tantôt en filigrane, tantôt comme acteur à part entière de l’intrigue : le beau Nino, qu’Elena rencontre à Milan où elle est conviée à une soirée de promotion de son livre, et que l’on retrouvera également à la fin de ce troisième volume.

Les thèmes principaux s’attachent davantage à la situation politique et aux questions sociales que dans les deux premiers volets. Nous suivons ainsi l’évolution de la politique italienne, marquée par les violences répétées des années soixante-dix. Lila travaille désormais dans une charcuterie industrielle où elle effectue un travail très fatigant, voire abrutissant, et elle subit un harcèlement qui était alors le lot de beaucoup de femmes de son milieu. Ses conditions de travail sont très difficiles, et elle n’hésite pas à les dénoncer au risque de perdre un emploi pourtant vital. Elena s’emploie à dénoncer les mêmes abus,  mais par le biais d’articles qu’elle commence à écrire pour le quotidien communiste « L’Unità », tout en continuant à étudier pour en connaître davantage dans ces domaines où elle dispose de peu de connaissances. Comme toujours, c’est par l’étude qu’Elena comble ses lacunes, tandis que Lila multiplie les expériences.

Mais la condition de la femme se trouve également au centre des préoccupations d’Elena parce qu’elle éprouve des difficultés dans la vie quotidienne. Elle découvre la vie de famille et se rend compte qu’il est difficile de continuer à écrire et à publier tout en élevant de jeunes enfants. Elena se trouve aussi confrontée à la difficulté de s’extraire véritablement de son milieu, malgré l’accès à une grande culture. Elena s’interroge, elle perd souvent confiance en elle car elle estime n’avoir pas les mêmes armes que ses proches, et notamment sa belle-famille, dont les membres sont issus d’un milieu cultivé.

Comme dans les deux premiers tomes, Elena se pose bien sûr beaucoup de questions sur son amitié avec Lila. En effet, de temps à autre, Lila continue à faire preuve d’une méchanceté que l’on devine motivée par autre chose que de la simple jalousie. Dans ce domaine, le suspense est intact à l’issue du troisième tome : qui d’Elena ou de Lila est « l’amie prodigieuse » de l’autre ? De quoi attendre le quatrième et dernier tome de la saga d’Elena Ferrante avec toujours davantage d’impatience !

Nouveau coup de coeur !

Storia di chi fugge e di chi resta, L’amica geniale, volume terzo, Elena Ferrante, edizioni E/0, Roma, 2013, 382p.

Celle qui fuit et celle qui reste, Elena Ferrante, traduit de l’italien par Elsa Damien, collection Du monde entier, Gallimard, Paris, à paraître en janvier 2017.

 

Livre lu dans le cadre du mois italien chez Eimelle et du challenge Leggere in italiano.

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La Pazza gioia, Folles de joie, de Paolo Virzi

 

Titre original : La pazza gioia 

Titre français : Folles de joie

Sortie : 2016

Réalisateur : Paolo Virzi

Acteurs principaux : Valeria Bruni-Tedeschi (Beatrice), Micaela Ramazzotti (Donatella).

Production : Italie, France.

Durée : 114 mn (1h54)

 

Beatrice est une des pensionnaires de la Villa Biondi, institut fermé qui accueille des femmes souffrant de troubles mentaux. Elle y a peu d’amies, parce qu’elle ne veut pas se mélanger aux autres, se targuant d’être de la famille qui a légué la Villa Biondi et son domaine à l’œuvre caritative qui le gère aujourd’hui. Elle se sent donc chez elle et tient à se démarquer des autres pensionnaires. Son caractère fantasque, allié à la conscience d’appartenir à une classe supérieure, en fait un personnage hors du commun qui aime se vanter d’avoir côtoyé Berlusconi, Georges Clooney et tant d’autres. Autoritaire, mais toujours avec le sourire, elle est l’incarnation de la « main de fer dans un gant de velours ».

Lorsqu’une jeune femme à l’air sombre et désorienté arrive à la Villa Biondi, Beatrice y voit une occasion de rompre sa solitude. Elle s’intéresse aussitôt à Donnatella et essaie de s’en faire une amie. Beatrice et Donnatella participent toutes deux aux travaux de jardinage -Beatrice donne les ordres et Donnatella exécute-, et elles postulent pour travailler à mi-temps à l’extérieur, dans un domaine horticole qui a besoin de main-d’œuvre. Le psychologue de la Villa Biondi les juge suffisamment autonomes pour y participer et leur donne son aval. Mais un soir, la camionnette qui vient rechercher les pensionnaires de la villa Biondi est en retard. Beatrice n’hésite pas une seconde en apercevant le bus 63 : elle prend Donnatella par la main et s’élance avec elle vers le bus. C’est le début d’une longue cavale à travers la Toscane qui conduira les deux amies à se confronter à leur histoire.

« La pazza gioia » est un film d’abord joyeux et gai, malgré un sujet grave, dans lequel Valeria Bruni Tedeschi nous saoûle de paroles pour notre plus grande joie. Volubile, elle papillonne et nous communique son enthousiasme. Elle est épuisante aussi, mais si drôle, et très convaincante dans ce rôle tourbillonnant. Elle joue un personnage excessif à outrance, mais sans jamais en faire trop : quelle performance d’actrice !  Micaela Ramazzotti est quant à elle beaucoup plus sobre, mais très émouvante également, notamment dans la dernière partie du film. Les plus sensibles verseront d’ailleurs quelques larmes. Les images sont soignées, la lumière est très belle, et l’ensemble, vous l’aurez compris, mérite largement le détour !